En parcourant une rue de quartier un jour de ramassage des ordures, on ne pourrait blâmer un observateur de penser que le très ennuyeux métier de fabrication de boîtes connaît un véritable essor.
Entassés sur le trottoir, des cartons anonymes de toutes tailles – estampillés Amazon (NASDAQ: AMZN), Chewy (NYSE: CHWY), Walmart (NYSE: WMT) et autres – témoignent de l’énorme présence des détaillants en ligne et de leur flot constant de livraisons, chacune nécessitant sa sempiternelle boîte brune.
Pourtant, l’action d’International Paper (NYSE : IP) — le deuxième plus grand producteur mondial d’emballages à base de papier — peine à se négocier au même niveau qu’en 2000. Et ce, alors même que les ventes de commerce électronique aux États-Unis ont été multipliées par plus de cinq depuis 1999. L’action d’International Paper a chuté de 7 % depuis le début de l’année, tandis que le S&P 500 a gagné 10 %.
Malgré cette piètre performance boursière, International Paper a offert quelques journées réjouissantes à ses investisseurs cette année, alors que son PDG, Andrew Silvernail, nommé fin 2024, tente de redresser la société. Cela inclut le retour aux bénéfices au deuxième trimestre après deux trimestres de pertes, ainsi que des projets de rationalisation des opérations.
Un redressement cahoteux jusqu’ici
Le redressement est loin d’être fluide, avec une action très volatile. Le 21 août, International Paper a annoncé une série de changements.
D’abord, la société prévoit de vendre son activité de fibres de cellulose pour 1,5 milliard de dollars, puis d’investir 250 millions de dollars dans une usine en Alabama tout en fermant quatre autres sites. Ces mesures, qui entraîneront la suppression de 1 100 emplois, ont fait grimper l’action.
En juin, International Paper avait déjà annoncé la fermeture de trois usines au Mexique et de deux aux États-Unis. Plus tôt dans l’année, le groupe a engagé le rachat de la société londonienne d’emballage DS Smith pour 7,22 milliards de dollars, afin de créer un leader mondial de l’emballage durable.
Du papier à l’emballage
International Paper se détourne de son activité historique de fabrication de papier pour se concentrer sur l’emballage — notamment le carton ondulé et les boîtes. L’entreprise délaisse ainsi des contrats peu rentables et de longue durée, nécessitant de faire tourner en continu des papeteries complexes et coûteuses, pour privilégier les clients et produits les plus rentables.
Cela implique l’abandon de certaines activités, comme la production de doublures absorbantes pour couches jetables, au profit de produits spécialisés, tels qu’une boîte autoportante faisant office de présentoir pour tablettes de chocolat.
La plus grande menace pour ce plan de redressement reste toutefois un éventuel ralentissement économique. Les ventes de cartons sont tellement liées à l’activité économique que certains analystes utilisent le prix du carton comme indicateur conjoncturel. Ce n’est pas un hasard si les mauvais résultats du premier trimestre d’IP ont coïncidé avec une contraction du PIB américain.
Et bien que l’entreprise ne soit pas directement touchée par les droits de douane, les investisseurs craignaient que les entreprises pénalisées par ces hausses réduisent leurs achats de boîtes.
Malgré ces hauts et bas récents, le titre International Paper affiche tout de même une progression de 41 % sur les 24 derniers mois. Avec un peu de chance, le plan de redressement transformera l’ennuyeux métier de fabricant de boîtes en un flux tout aussi ennuyeux, mais prévisible, de bénéfices réguliers.
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