Les marchés financiers sont en effervescence face aux projets des principales entreprises technologiques, qui prévoient de dépenser des centaines de milliards de dollars cette année pour des infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle.
Amazon (NASDAQ : AMZN), Alphabet (NASDAQ : GOOGL), Microsoft (NASDAQ : MSFT) et Meta Platforms (NASDAQ : META) ont annoncé ces derniers jours qu’ils consacreront ensemble jusqu’à 670 milliards de dollars en dépenses d’investissement cette année. Cet argent servira principalement au développement de centres de données, qui seront utilisés pour des fonctions liées à l’IA.
La répartition est la suivante : 200 milliards pour Amazon, 185 milliards pour Alphabet, 150 milliards pour Microsoft et 135 milliards pour Meta.
Ce sont des chiffres stupéfiants. Le total combiné représente 2,1 % du PIB américain. Selon The Wall Street Journal, il s’agit du deuxième plus grand ratio pour un projet de dépenses en capital dans l’histoire des États-Unis. Le premier revient à l’achat de la Louisiane en 1803, qui avait doublé la taille du pays, avec 3 % du PIB.
La question pour les investisseurs est désormais de savoir si toutes ces dépenses sont une bonne chose pour les géants de la tech. Presque tout le monde s’accorde à dire que l’IA sera révolutionnaire pour la société. Mais il n’est pas certain que cela soit rentable pour ces quatre mastodontes. Ils pourraient générer des milliards et des milliards de profits grâce à la vague IA sur le long terme, mais rien ne garantit ce scénario.
Choc sur les flux de trésorerie
Une chose est certaine : les flux de trésorerie des entreprises vont souffrir cette année. Cela a déjà commencé l’an dernier, lorsque le flux de trésorerie disponible des Big 4 s’est élevé à 200 milliards de dollars, contre 237 milliards en 2024.
Les analystes estiment qu’Amazon pourrait afficher un flux de trésorerie disponible négatif cette année d’environ 23 milliards de dollars, selon CNBC. Pivotal Research prévoit que celui d’Alphabet chutera de près de 90 %, pour atteindre 8,2 milliards. Meta pourrait connaître une baisse similaire de 90 %, selon les analystes de Barclays.
Les perspectives sont meilleures pour Microsoft : une baisse estimée à 28 %, selon Barclays, toujours d’après CNBC. Microsoft pourrait mieux s’en sortir grâce à ses nombreux produits générant d’importants flux de trésorerie, comme Office 365, Windows et Azure.
Prison des débiteurs ?
Un autre aspect négatif de ces dépenses massives est qu’elles pourraient obliger les entreprises à s’endetter davantage et à émettre plus d’actions. Alphabet a déjà vendu près de 32 milliards de dollars d’obligations en moins de 24 heures cette semaine.
La demande a été extrêmement forte. Cette émission comprenait les premières obligations à 100 ans du secteur technologique depuis 1997, en pleine bulle Internet, selon Bloomberg. L’appétit des investisseurs pourrait également être important pour les obligations des autres géants technologiques, compte tenu de leur solidité financière jusqu’à présent.
Mais sur le marché boursier, les investisseurs ont globalement accueilli ces plans de dépenses avec scepticisme. Depuis le 27 janvier, avant l’annonce de ces investissements, l’action Microsoft a chuté de 11 %, Amazon de 12 %, et Alphabet de 4 %. Meta a progressé de 0,5 %.
Rien de tout cela ne permet de prédire l’avenir, bien sûr. L’IA pourrait devenir une source de profits énormes pour les Big 4, rendant ces dépenses insignifiantes. Ces entreprises ont évidemment une longue histoire de succès financier. Ce qui se passera ensuite reste donc incertain.
L’auteur détient des actions des quatre entreprises.
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